mercredi 20 mars 2013

D’une nuit d’enfer au paradis sur terre


Mon chauffeur de taxi, à Palolem, est arrivé avec juste assez de retard pour me donner un petit frisson d’inquiétude. Puis, comme il y avait des problèmes techniques au bureau de poste de Chaudi, je n’ai pas pu y envoyer mon colis. Ce que j’ai réussit à faire à Mangao, en jouant un peu des coudes. Une fois rendue à l’aéroport de Goa, l’attente a commencée. Pour le départ de mon vol d’abord et ensuite une fois rendue à Ahmedabad, dans la salle d’attente des arrivées. L’idée, était d’y rester en sécurité le plus longtemps possible avant de devoir me rendre en ville attendre mon autobus qui ne partait qu’à 23h30.
Voyager seule – les gens prennent soin de nous
J’ai de la chance, il y a de nombreux sièges pour les gens qui attendent l’arrivée de leurs proches. Rien à manger cependant, qu’un petit comptoir à thé et beaucoup de maringouins. Un bureau de tourisme aussi, où la jeune femme est sympathique à ma cause. Elle me confirme que je fais bien d’attendre ici et m’assure qu’il y aura encore des rickshaw pour m’y emmener en soirée. Quand l’heure vient de partir, elle organise mon départ avec un chauffeur qui me prend en charge pour m’emmener à bon port et à juste prix. Il se révèle vraiment gentil et généreux, ne se contentant pas de me laisser sur place, il vient avec moi s’assurer que mon nom est bien sur la liste des passagers. Il m’emmène ensuite dans son rickshaw pour me faire traverser de l’autre côté du boulevard super achalandé où se trouve la compagnie pour que je puisse aller manger.

Restaurant en plein air, dans le bruit et la poussière. Les gens ne semblent vraiment pas habitués à voir des touristes s’y attabler. Le grand serveur Sikh qui me sert me prend lui aussi sous son aile et s’assure que tout se passe bien pour moi. Au moment de partir, comme je me demande vraiment comment je vais faire pour retraverser sans me faire écraser par toutes ces voitures et motos qui roulent à grande vitesse dans le noir, il vient avec moi et m’encourage au moment où je dois me lancer.

À l’agence, où ils ont accepté de garder mon sac à dos pendant que j’allais manger, ils me laissent également m’asseoir avec eux dans leur minuscule petit bureau sans air. Je m’y sens plus en sécurité qu’à l’extérieur où, encore une fois, il n’y a surtout que des hommes. Comme presque personne ne parle assez bien anglais pour converser, on me laisse tranquille. Les heures s’écoulent lentement. Mon autobus arrive enfin et je suis épuisée. J’ai hâte de voir de quoi peut bien avoir l’air mon siège « sleeper » et de m’y allonger.

Jamais je n’aurais pu imaginer ce genre d’arrangement. Dans la première moitié de l’autobus, ce sont des sièges inclinables normaux. Mais à l’arrière, les sleepers sont des lits superposés qui sont comme des cages en verre fumés avec des rideaux à l’intérieur pour protéger notre intimité. On fait glisser une porte coulissante pour y entrer. Je peux m’y allonger aisément et même m’asseoir sur le matelas qui n’est pas trop inconfortable. Je laisse mon sac à dos à l’extérieur, garde mon sac de jour avec moi, referme la porte coulissante et m’enroule dans mon grand châle pour me coucher. L’air climatisé semble fonctionner avec les changements de vitesse du conducteur. Il passe continuellement de la 4e à la 3e, à la 2e et quand l’autobus arrête, le jet d’air arrête également. Ça fait un bruit d’enfer et comme en plus ma couchette est au-dessus de la roue arrière et que la suspension ne semble plus soutenir grand-chose, je saute, tressaute et sent chaque trou de la route pendant les six heures du trajet. Inutile de dire que j’ai très mal et très peu dormi.
À l’arrivée, surprise, il fait froid ! Nous sommes en altitude, sur le haut du mont Abu, au Rajasthan. À six heures du matin, il fait encore nuit. Je repousse les taxis parce que je ne sais pas trop où je dois aller et préfère me renseigner avant de me faire déposer quelque part qui ne serait pas le bon endroit. Je passe les deux heures suivantes à prendre des thés à différents endroits en attendant que les restaurants ouvrent leurs portes. Ça me semble être un joli petit village et plus le soleil se lève, plus je me rends compte de ma chance d’être ici. C’est vraiment très pauvre cependant. Le contraste avec Goa est frappant. Au restaurant, un seul employé parle assez bien l’anglais pour comprendre où je veux aller et m’expliquer comment m’y rendre. Un jeep m’y emmène, me voici chez les Brahma kumaris !

Il y a trop à dire sur l’intensité et le bonheur de me retrouver ici. Tout se met en place avec une facilité déconcertante, les rencontres sont formidables, l’ambiance au-delà de tout ce que j’aurais pu imaginer. Je parlerai de tout ce qui arrive de beau ici plus tard. Il y a trop à vivre pour prendre le temps nécessaire qu’il faudrait pour bien le raconter.

2 commentaires:

  1. Allo Pascale,
    Ah la fraîcheur, rien de tel pour redonner de l'énergie :-)
    Nous avons eu quelques centimètres de neige hier (10-15 cm) et pour l'instant Montréal est blanc.
    On médite sur ça!
    P.-S. La forêt de palmiers à Palolem était superbe.
    Bon Mont-Abu et à + On aime les nouvelles de l'Inde.

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  2. C'est bon de te savoir au paradis, embrasse tout ce que tu peux pour refaire tes batteries! ici il ya des guimauves blanches plein les rues. Heureusement mon vélo part bien tous les jours! bises d'hiver et au plaisir de te lire.

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