dimanche 31 mars 2013

Jodhpur


Hier, après m’être perdue dans l'ascension d'un dédale de ruelles bleues, j’ai finalement réussi à trouver mon chemin jusqu’au fort Mehrangarh. 


Une merveille d’architecture avec des vues imprenables sur la ville. Je me suis promenée avec l’appareil audio qui explique et commente le site en français. Un peu comme avoir un guide personnel qui nous plonge dans l’histoire et la vie quotidienne des maharajahs et de leurs familles à travers différentes époques. Vraiment très intéressant !

 J’ai passé l’avant-midi au fort, puis suis redescendue vers le marché pour acheter des épices et du thé, manger un samosa tout chaud et boire un jus de mangues fraîchement pressé. 



Une petite journée de touriste tranquille avec souper sur la terrasse de l’hôtel.



Ce matin, je suis allée manger dans un autre hôtel, le Hare Khrisna. Repas végétarien de qualité assuré. Si je reviens un jour à Jodhpur, c’est là que j’irai habiter. C’est beau et propre, les gens sont gentils, le menu alléchant et les prix raisonnables. Il y a six étages à grimper pour arriver au restaurant sur le toit.

Voyager seule – la hasard fait bien les choses
J’y ai rencontrée une Allemande dans la soixantaine, Angelika Vogel, qui est la présidente d’une petite fondation qui aide à financer des léproseries. Elle était en grande discussion avec ses deux administrateurs Indiens, un homme d’affaire et un géologue, et Tom, un ami Hollandais. J’ai osé les interrompre parce que personne d’autre dans l’hôtel ne pouvait m’aider à savoir où se trouve un petit commerce dont j’ai appris l’existence sur internet et où je veux absolument me rendre avant de retourner à Mumbai. L’homme d’affaire le connaît très bien et me propose de m’y déposer puisque c’est sur le chemin d’un ashram où vit une communauté de lépreux qu’ils s’en vont visiter. Angelika m’offre de les y accompagner plutôt que d’aller magasiner. Une offre que je ne pouvais refuser !

Nous voyageons dans une petite camionnette blanche conduite avec efficacité par l’homme d’affaire qui circule aisément dans les rues minuscules entre vaches, piétons, motos, charrettes, touristes, enfants, vendeurs de toutes sortes et autres véhicules surchargés. Nous faisons quelques arrêts pour acheter des lampes rechargeables, car ils n’ont pas l’électricité, des bananes et des boîtes de biscuits. Ce sont des cadeaux qu’Angelika veut offrir aux membres de la communauté qu’elle patronne depuis des années.

À notre arrivée, de nombreuses personnes viennent la saluer. Ils ont installé au sol de grands sacs de plastique cousus ensemble et, leur faisant face, une rangée de chaises où nous sommes invités à nous asseoir. L’attente commence. Tranquillement, un à un, les gens sortent de leurs appartements et viennent s’asseoir devant nous. Les hommes d’un côté et les femmes de l’autre. Certains sont très handicapés par la lèpre et estropiés, d’autres pas du tout. Ceux-là font partie d’une ou l’autre des familles, sont des veufs et des veuves de lépreux qui, avec leurs enfants, restent dans la communauté. Tous sont extrêmement pauvres.

 Lorsque tous les gens qui veulent la rencontrer sont arrivés, nous recevons un collier de roses rouges autour du cou, puis on nous fait un tikka de poudre au milieu du front. Angelika se lève et fais un petit discours dans lequel elle leur dit à quel point elle est heureuse d’être ici à nouveau pour les rencontrer et les saluer au nom de tous ses compatriotes qui n’ont pu venir cette fois avec elle, mais qui leur envoie tout leur soutien et leur amitié.  Tom fait ensuite la même chose, puis c’est à mon tour de leur dire un petit mot pour les remercier de leur accueil. Je commence en disant « Namaste » et suis fort impressionnée lorsque tous me répondent en joignant leurs mains (ou moignons) au cœur avec de larges sourires.
 Angelika fait ensuite la distribution des cadeaux, prend le temps d’aller saluer chacune des personnes qu’elle connaît en les prenant dans ses bras et en serrant leurs mains dans les siennes. 


Puis nous quittons pour revenir dans le quartier des guest houses qui semble presque riche en comparaison. Inutile de dire qu’après cette visite quand même troublante, j’ai perdu toute envie d’aller magasiner.


samedi 30 mars 2013

Quitter le mont Abu - arriver à Jodhpur

Quelques heures d'autobus, tout un monde de changements. Soir de pleine lune et méditation sur la montagne pour ma dernière journée au mont Abu. Difficile de souhaiter mieux.
Très tôt le lendemain, j'ai repris les transports publics pour, je crois, une dernière fois. Mes sacs sont remplis à capacité, mais comme ils sont bien faits, j'ai pu marcher jusqu'à la station d'autobus sans difficulté. Dans la nuit noire, comme à mon arrivée, avec le village qui s'éveille à mesure que le ciel s'éclaircit.
Un autobus un peu tout croche pendant plus de 7 heures. Désert de roches et de cactus, villages pauvres et sales, route cahoteuse. À part un mal de fessier, tout s'est bien passé. Les gens sont tellement gentils partout, c'est un plaisir de voyager.
Maintenant, me voici à Jodhpur, dans la vieille ville. Les maisons sont peintes en bleu, il y a des guest houses et des restaurants à profusion. Je dois me réadapter à la vie normale (et aux prix) des touristes.

Mon hôtel est charmant. Terrasse sur le toit avec vue sur le fort de Mehrangarh et les toits de la ville. Pour ma dernière semaine en Inde, je me sens en vacances et j'ai envie de me reposer. Il va faire plutôt chaud aujourd'hui, jusqu'à 35 degrés. J'irai visiter le fort ce matin, pendant que la température est encore agréable.