mercredi 22 décembre 2010

- Penang: comment être en Inde et en Chine en même temps, mais sans les inconvénients

Après la jungle, l'idée de se retrouver quelques jours avant la folie de Noël dans une grande ville réputée pour ses infinies possibilités de magasinage, ne nous tentait pas du tout. Alors nous avons changé nos plans: Singapour sera pour la prochaine fois. Retrouver Kuala Lumpur et son quartier chinois regorgeant de petits marchands de bébelles made in China était beaucoup plus tentant.


Depuis quelques jours, notre principale préoccupation en est une d'organisation. De Sempora, acheter un billet d'avion pour sortir de Bornéo. Une fois cela fait, trouver et réserver une chambre à Kuala Lumpur par internet . Arrivés dans cette ville, trouver le meilleur moyen d'en sortir pour se rendre plus au nord, à Penang. Donc, sitôt les bagages déposés dans une minuscule chambre d'un orange aussi flash que celui de notre chalet, il nous faut reprendre un autobus pour aller à l'autre bout de la ville acheter des billets pour le transport du lendemain. Retour par un métro aérien super propre et moderne, on ne s'ennuie pas de celui de Montréal dans le froid et la bouette.


Nous allons manger au même restaurant indien qu'il y a six ans, situé juste à côté d'un petit temple sur le coin d'une rue achalandée. Odeurs de cari, d'encens, chants et prières. Nous sommes heureux.


Notre chambre est si petite qu'on se croirait dans un hôtel de Tokyo. Juste assez de place pour le lit et nos sacs à dos. Alors pas moyen de faire sécher nos vêtements encore trempés par la forte pluie et les vagues dont nous avons été aspergés la veille pendant le trajet de retour en bateau entre l'île de Mabul et Semporna. Pas très grave, ça peut attendre. Ce qui ne peut pas attendre, par contre, c'est de se trouver une chambre à Penang. Tous les hôtels où nous appelons sont déjà remplis. C'est la joie du voyage pendant le temps des fêtes. En Asie comme ailleurs, tout le monde est en vacance et se déplace. Ce n'est que le lendemain matin, à partir de la gare d'autobus, que Chris réussit à nous dénicher un hôtel très intéressant et bien situé. Le téléphone cellulaire acheté à Hong Kong est certainement le meilleur placement que nous pouvions faire! Fini l'époque où il fallait, sacs au dos dans la chaleur, aller d'un hôtel à l'autre en essayant de se repérer d'une rue à l'autre et souvent grimper quelques étages pour visiter une ou deux chambres avant de se décider à s'enregistrer. Avec l'ordinateur de Sylvain (merci Sylvain! et merci surtout de t'occuper de mettre nos photos sur le blogue. Fini les bogs, vive le blogue!), on fait une petite recherche sur internet, on choisit un endroit et on appelle. Si ça ne fonctionne pas, on reprend le processus. C'est si simple, la vie moderne.

Sauf qu'à Penang, notre chambre réservée n'était plus libre à notre arrivée. Petite montée de frustration pas très asiatique... On nous emmène dans l'édifice d'à côté. Même propriétaire, mais pas le même genre de chambres. Et moi qui commençait juste à m'habituer à un certain degré de confort! Nous voici revenus comme dans nos belles années de voyages pas chers: chambre à sept dollars, salle de toilette commune, dortoir au fond du corridor et super service à la réception. Dans les meilleurs hôtels, c'est comme si tous les clients ne se promènent qu'en taxi ou minibus réservés qui viennent les prendre à la porte. Les employés de la réception savent à peine nous diriger vers les arrêts d'autobus ou nous indiquer comment se rendre là où nous voulons aller. Alors qu'ici, ils savent tout sur tout et sont super efficaces et accueillants. On se sent chez soi. Notre chambre est simple, mais on a beaucoup d'espace, un lavabo où on peut laver notre linge et il y a de nombreuses cordes à linge pour le faire sécher sur la terrasse arrière, là où se trouve la douche et les toilettes. Comme le dit l'affiche à l'entrée: Extremely clean, check it out! En plus, la connexion WiFi est gratuite sur le balcon avant. Que demander de plus? Les clients ici sont presque tous des gens qui  passent l'hiver en Thaïlande et qui ne sont en Malaisie que le temps de renouveller leurs visas. Des personnages intéressants et parfois même à l'allure un peu louche...


Penang est une ville incroyable! D'abord par son architecture. Site faisant partie de la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco, c'est l'endroit en Asie où se existe encore le plus de bâtiments de style colonial. Pas toujours, ou même presque jamais, bien entretenus, mais le charme opère. Nous marchons des heures chaque jour dans la ville et trouvons toujours de nouveaux endroits intéressants.


Mais ce qui rend Penang vraiment unique, c'est le mélange parfait entre l'Inde et la Chine. Bien sûr, c'est un peu comme cela à travers toute la Malaisie, mais ici c'est vraiment particulier. Il y a des restaurants et des kiosques de bouffe à peu près partout. Chacun sa spécialité. Les produits sont frais, délicieux et tellement variés qu'on se permet de manger pratiquement quatre fois par jour. De petits plats, mais souvent. Comme les Chinois. On veut tout essayer! Des soupes aux nouilles, des raviolis, des caris, des riz frits, des biryanis, du poulet, du porc, du canard, des fruits de mer, légumes verts, sauces épicées. Tout est trop bon! On en est presque obsédés. Il nous faut manger dans des endroits différents chaque fois et repérer les prochains arrêts bouffe. Le choix est immense.


Et le quartier Indien fait mon bonheur. On se croirait totalement en Inde. À un détail près: paix, calme et propreté. Pondicherry en dix fois mieux, dit Chris. Un Bollywood où tout le monde sourit, une Chine où chacun est gentil, le charme et la discrétion malaise. Un genre de petit paradis.

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